Roquette et l'obésité : des solutions à apporter ?

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Une conférence-débat à l’initiative du Magazine Le Point a eu lieu ce mardi 16 février 2010 sur le sujet préoccupant de « L’Obésité : Défis et Solutions pour l’industrie et les pouvoirs publics ».

Roquette était invité en la personne de Marie-Hélène Saniez-Degrave, Directrice Nutrition du groupe.

Dans le cadre prestigieux du Cercle de l'Union Interalliée avait lieu ce mardi 16 Février 2010, à l'initiative du Magazine Le Point, une conférence-débat sponsorisée par Nestlé et Seb, autour du préoccupant sujet de L'Obésité : Défis et Solutions pour l'industrie et les pouvoirs publics. Les débats étaient animés par Anne Jeanblanc, journaliste au Point, et pendant une après-midi se sont succédé 4 tables rondes qui abordaient les thèmes suivants:

  • Panorama réglementaire (le législateur peut-il quelque chose et comment ?)
  • Filière industrielle et obésité (un engagement socialement responsable ?)
  • Plans de prévention, éducation et assurance
  • Les pistes françaises contre l’obésité (la piste du goût et le programme EPODE).


Panorama de l’obésité

Roquette était à l'honneur, invité en la personne de Marie-Hélène Saniez-Degrave, Directrice Nutrition du groupe, dans le cadre de la deuxième table ronde qui avait pour thématique générale "Filière industrielle et obésité : un engagement socialement responsable ?". Y figuraient également Jérôme François, Directeur Général Communications Consommateurs de Nestlé France, Pierre de Ginestel, Directeur Qualité d'Auchan, et Romain Nouffert, Directeur général délégué de chez Lesieur.

En préambule de ces débats, Monsieur le Professeur Arnaud Basdevant (La Pitié-Salpêtrière) a rapidement brossé un panorama de l'Obésité : rappel de la définition, son "histoire naturelle" et son coût économique. Selon lui, aujourd'hui en France, il existe une survenue plus précoce et donc plus grave du problème (touchant les enfants), en parallèle d'une forme affectant les plus de 65 ans. Un tel profil d'évolution modifie les problématiques de santé publique en lien avec l'apparition de nouvelles pathologies chroniques compliquant l'obésité. Monsieur Basdevant a notamment insisté sur l'aspect multifactoriel de l'obésité (génétique, épigénétique, déterminants comportementaux et environnementaux), soulignant qu'à un certain stade survient une irréversibilité de la situation, qui en font alors une maladie. Il a ainsi insisté sur la nécessité de savoir "de quoi on parle", selon qu'il s'agit de formes précoces ou plus évoluées, avec des modes de prise en charge totalement différents et un conflit permanent entre les différents facteurs.

La première table ronde a rassemblé Mesdames Christine Kelly, Présidente de la mission Santé et développement durable au Conseil Supérieur de l'Audiovisuel, Emmanuelle Guilbart, Directrice des Activités Télévision France et International chez, Lagardère Active et Président Directeur Général de Gulli, ainsi que Pascale Briand, Directrice Générale, Direction Générale de l’Alimentation (en remplacement de Valérie Boyer, Députée des Bouches-du-Rhône). Les questions soulevées étaient : L’introduction de messages sanitaires dans les publicités alimentaires depuis le 1er février 2007 : quel impact réel sur l’obésité ?; Allégations nutritionnelles et de santé : mise en conformité, étiquetage et impact d’une publicité mensongère; Que peuvent les chartes de bonne conduite : charte des publicitaires vs charte PNNS ?; Pour une taxation de la ‘junk food’ : benchmark des réflexions menées aux Etats-Unis.


Promouvoir des actions éducatives plutôt que des moyens restrictifs

Les interventions ont surtout porté sur l'historique de l'initiation des actions politiques sur cette thématique : survenue d'un problème de société, légitimité de la volonté d'être informé sur ce qu'on consomme, augmentation de 30% des dépenses de santé en lien avec l'obésité et surtout, atteinte des enfants. La difficulté, sur un plan politique, d'aborder un si vaste et multifactoriel sujet a été abordé par Madame Anne de Danne, Présidente de la Commission gouvernementale pour la prévention et la prise en charge de l’obésité. Par ailleurs, Christine Kelly a évoqué un manque apparent d'efficacité des dispositifs restrictifs appliqués dans divers pays (Royaume-Uni, Danemark, Norvège, Canada et Suède) à la publicité alimentaire (poursuite de la croissance des chiffres de l'obésité) et explicité l'intérêt de la charte alimentaire, fruit d'un dialogue entre les pouvoirs publics et les professionnels du secteur audiovisuel. Cette charte, première en Europe à ne pas promouvoir des moyens restrictifs ou suppressifs mais des actions éducatives ayant pour thème l'alimentation et la nutrition au sein des programmes pour enfants (par exemple, "C'est moi qui régale" sur Gulli), est donc censée servir de relais au PNNS et promouvoir une bonne alimentation et une activité physique. Christine Kelly a insisté sur la nécessité financière des publicités, permettant le maintien des activités des chaînes télévisuelles. Il a cependant été souligné par Monsieur Basdevant que le recul était insuffisant pour mesurer l'impact des restrictions, puisqu'il faut envisager que l'effet de mesures prises pour endiguer l'épidémie d'obésité puisse ne se manifester concrètement qu'au bout de trente ans.


Filière industrielle et obésité : un engagement socialement responsable ?

Au cours de la deuxième table ronde, à laquelle participait Roquette, les sujets suivants étaient abordés :

  • Lutte contre l’obésité : un engagement ‘RSE’ (Responsabilité Sociétale des Entreprises1) désormais incontournable ?
  • Recherche et innovation dans la filière alimentaire : moins gras, moins sucré, une véritable stratégie d’investissement ?
  • L’industrie agro-alimentaire va-t-elle devoir bousculer son modèle économique ?

Les interventions ont surtout porté sur les actions individuellement entreprises par chaque groupe en terme de modification des recettes (réduction du sel de 25%/an sur 5 ans chez Nestlé), d'information nutritionnelle (étiquetage), d'engagement éthiques sous forme de fondations. Marie-Hélène Saniez, après avoir présenté le groupe Roquette et ses activités, a voulu montrer comment les industriels, notamment fournisseurs d'ingrédients, pouvaient être une partie de la solution et non du problème. Elle a évoqué le fait que les recommandations internationales ou nationales comme celles du PNNS sont pour nous non pas un frein mais un guide de notre innovation et de notre communication, et a également parlé de la notion de goût et de plaisir à préserver en parallèle de l'efficacité nutritionnelle, tout en nous préoccupant de durabilité. Enfin, elle a évoqué les pistes nouvelles d'action en matière de nutrition, notamment sur le microbiote intestinal, "ces microorganismes qui nous gouvernent" et qui pourraient apporter des bénéfices pour notre santé. Ils pourraient par exemple nous aider dans le cadre de la prévention de l'obésité en tant que marqueurs ou évoluer dans une proportion bénéfique sous l'influence d'ingrédients nutritionnels comme des fibres alimentaires prébiotiques ou de nouvelles matières premières comme les microalgues.

Après une courte pause, les Plans de prévention, éducation et assurance ont été abordés (troisième table ronde) au travers des thèmes :

  • Coût de l’obésité sur les assurances santé et les mutuelles
  • Plan Obésité et Phase 2 du Plan National Nutrition Santé : quelles mesures pour quels effets ?
  • Conclusions de la Commission pour la prévention de l’obésité, commentées par Madame Anne de Danne.


Lors de cette table ronde, Monsieur Serge Hercberg, Président du Comité de Pilotage du Programme National Nutrition Santé, a notamment indiqué quelques succès préliminaires du PNNS, comme l'augmentation de la consommation de fruits et légumes chez les adultes (mais pas chez les enfants) et la diminution de la consommation de sel. Les résultats sont plus mitigés dans les populations défavorisées. Monsieur Jean-Pierre Davant, Président de La Mutualité Française, a également indiqué que la décision de promouvoir l'activité physique était récente (2 ans) et que c'était le continent européen qui était le plus touché en matière de dépenses de santé, une personne obèse coûtant en moyenne deux fois plus cher. Le mouvement mutualiste va donc initier une grande campagne de prévention autour de l'activité physique et sportive, notamment chez les étudiants et les salariés.


Etude de cas : programme Epode, Ecole, alimentation et obésité infantile

Pour clôturer cette journée (quatrième table ronde), Valérie Vuillemot, Directeur Marketing Stratégique, Electrique Culinaire du Groupe SEB a évoqué leur stratégie et leurs offres dans le cadre de la question : La reconquête du savoir faire culinaire peut-elle influencer les comportements alimentaires ? Puis, le Docteur Jean-Michel Borys (Directeur du Programme EPODE) a évoqué en tant que co-fondateur et développeur du programme EPODE en France et à l'étranger, son expérience fructueuse sur la thématique : Etude de cas : programme Epode, Ecole, alimentation et obésité infantile. La première expérience du modèle Fleurbaix-Laventie, basée sur des politiques d'action et d'éducation de proximité auprès des enfants et de leurs familles, menée de 1992 jusqu'en 2004, ayant donné des résultats très intéressants, le programme EPODE s'est maintenant en effet étendu au travers d'actions dans le monde entier.

Pascale Briand, dans son allocution de clôture, a fait la synthèse des échanges, en insistant sur la nécessité d'une mise en cohérence des actions, d'une facilitation , d'une mobilisation sur les territoires, au sein des familles, des municipalités et a souligné l'importance du rôle des pouvoirs publics et l'urgence d'agir, en hiérarchisant les priorités et en adaptant les moyens au sein du système de santé.

L'organisation de cette conférence sur l'obésité, le nombre et l'origine des participants et auditeurs (pouvoirs publics, clients industriels, concurrents) a bien montré l'intérêt porté à cette thématique et l'urgence de fournir des solutions qui, comme les causes de cette problématique de santé, ne peuvent être que multiples. Roquette peut donc être un contributeur actif et efficace au travers de sa gamme de produits nutritionnels.


Dr Catherine Lefranc-Millot
Responsable de la Communication Scientifique Nutrition


 


1 NDLR